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Le billet du curé du 27 décembre 2020

 

Se laisser étonner par l’enfant...

 

Pour peu qu’on ne lise pas la lecture brève de l’Evangile de cette fête de la Sainte Famille, l’étonnement des parents de Jésus (Lc 2,33) nous invite à la même attitude permanente. Nous connaissons pour une bonne part l’Evangile. Mais faut-il nous y habituer ? L’Esprit qui a poussé le vieillard Syméon lui fait bénir Dieu pour cet enfant : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations [...] (Lc 2, 29) » « Dieu nous a parlé par son Fils (He 1,2) » Au long des siècles, les prophètes avaient parlé de Dieu et au nom de Dieu. Mais là, c’est Dieu lui-même qui parle. Chaque page, chaque ligne de l’Evangile, pour peu que l’on accepte de prendre à bras le corps (comme Siméon) le projet de Dieu alors oui, l’Ecriture devient Lumière. Même l’enfant, sa fragilité, ses babillements deviennent Parole pour nous. Mais cela n’est pas toujours dans la facilité. L’Evangile n’est pas une histoire gentillette. « Il sera un signe de contradiction » annonce le vieillard Syméon. Toute la vie du Seigneur invite à se positionner par rapport à lui. Il vient interroger nos manières de vivre et de penser. Non pas pour nous faire du mal mais pour nous dire : « courage, tu peux progresser ; tu peux faire mieux ... » La vieille prophétesse Anne ne s’y est pas trompé : « elle parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. » « L’Eglise n’existe que pour évangéliser » : disait le pape Paul VI. Prenons spirituellement l’enfant dans nos bras et parlons (en actes et en paroles) de cet enfant qui, nous le savons, est devenu grand. Le plus grand trésor est posé dans l’humble écrin de la paille de la mangeoire. Il ne peut qu’être partagé et c’est dans ce partage qu’il grandit. Prions St Joseph en cette année jubilaire qui lui est consacrée. On l’appelle le gardien de la Sainte Famille. Le gardien c’est le protecteur mais c’est aussi celui qui permet à l’enfant de Noël de grandir dans sa vocation d’être Lumière du monde et des cœurs particulièrement des plus petits et des plus fragiles. Très belle fête de Noël.

 

Jean-Baptiste, curé

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